Pfas in drinking water and what households can realistically do to reduce exposure
PFAS in drinking water have become one of those topics that pop up in the news, then disparaissent aussi vite… jusqu’au jour où l’on se demande : « Est-ce que ça concerne vraiment mon robinet ? Et si oui, qu’est-ce que je peux faire, concrètement, dans ma cuisine ? »
Dans cet article, on va parler de ce que sont les PFAS, pourquoi on en trouve dans l’eau potable, et surtout ce que vous pouvez mettre en place à la maison pour réduire votre exposition – sans devoir tout changer ni vous ruiner en gadgets pseudo-magiques.
PFAS, c’est quoi exactement ?
PFAS signifie « per- et polyfluoroalkyl substances » – une grande famille de plus de 4 000 composés chimiques. On les appelle parfois « forever chemicals », les substances éternelles, parce qu’elles se dégradent très lentement dans l’environnement… et aussi dans notre organisme.
On les retrouve notamment dans :
- Les revêtements antiadhésifs (certains téflons, poêles très « faciles à nettoyer »)
- Les textiles déperlants (anoraks, nappes anti-taches, moquettes traitées)
- Les emballages alimentaires résistants à la graisse (certains papiers pour fast-food, boîtes de livraison, sacs de popcorn micro-ondes)
- Les mousses anti-incendie utilisées sur certains sites industriels et aéroports
Ces molécules sont très stables, très mobiles dans l’eau et s’accumulent au fil du temps. Résultat : on les retrouve dans les sols, les rivières, l’eau souterraine… et parfois dans l’eau du robinet.
Comment les PFAS arrivent dans notre eau potable ?
Imaginez la trajectoire suivante : une usine utilise des PFAS pour fabriquer un textile déperlant. Une partie finit dans les eaux usées, une autre dans l’air ou les sols. Avec le temps, ces substances migrent vers les rivières, les nappes phréatiques et les lacs.
Ensuite :
- Les usines de traitement d’eau pompent cette eau brute
- La plupart des stations ne sont pas spécifiquement équipées pour éliminer les PFAS
- Une partie de ces substances passe donc à travers les traitements classiques et arrive jusqu’à votre robinet
Les niveaux varient énormément d’un endroit à l’autre, selon :
- La proximité d’industries ou d’anciens sites militaires/aéroportuaires
- Le type de sol et d’aquifère
- Les technologies utilisées dans l’usine de traitement de l’eau
Important : la présence de PFAS dans l’eau ne veut pas dire que votre eau est « toxique » au sens immédiat. On parle d’expositions très faibles, mais chroniques, qui s’ajoutent aux autres sources (aliments, air intérieur, poussière).
Faut-il s’alarmer ou s’informer ?
Les chercheurs associent certains PFAS (comme PFOA et PFOS) à divers effets potentiels, notamment :
- Perturbation hormonale
- Effets sur le système immunitaire (par exemple, réponse vaccinale légèrement réduite chez les enfants exposés à des taux élevés)
- Impact sur le cholestérol et certains marqueurs cardiovasculaires
- Risque accru de certains cancers dans le cadre d’expositions importantes et prolongées
Mais il y a deux nuances importantes :
- Les effets les mieux documentés concernent souvent des populations très exposées (zones industrielles fortement contaminées, travailleurs)
- Pour la plupart d’entre nous, on parle de réduction de risque à long terme, pas de danger aigu immédiat
En cuisine et à la maison, l’objectif réaliste n’est pas de viser « zéro PFAS » (impossible aujourd’hui), mais de :
- Limiter les apports évitables
- Réduire l’exposition cumulative (eau + alimentation + objets du quotidien)
- Choisir des solutions faisables sur le long terme : budget, temps, entretien
C’est cette approche pragmatique qu’on va détailler.
Comment savoir si votre eau contient des PFAS ?
Première étape : évaluer la situation avant d’investir dans une carafe sophistiquée.
Quelques pistes :
- Rapport de qualité de l’eau : vérifiez le site de votre fournisseur d’eau potable ou de votre municipalité. Certaines compagnies publient déjà des résultats sur les PFAS ou des informations sur leur surveillance.
- Bases de données nationales ou régionales : dans certains pays, des cartes interactives indiquent les zones où des PFAS ont été détectés dans l’eau potable.
- Test privé : il existe des laboratoires et kits spécialisés qui analysent les PFAS dans l’eau du robinet. L’inconvénient : c’est souvent coûteux et tous les tests ne couvrent pas le même panel de substances.
Si vous n’avez pas d’information locale claire (c’est souvent le cas), vous pouvez raisonner en termes de probabilité :
- Vous habitez proche d’un aéroport, d’un site industriel ou d’une zone où des pollutions ont été médiatisées : les mesures de réduction deviennent plus prioritaires.
- Vous êtes en zone rurale sans industrie, alimenté par une eau de surface ou souterraine plutôt préservée : il y a toujours un fond de PFAS dans l’environnement, mais vos niveaux sont probablement plus faibles.
Dans les deux cas, les mêmes gestes de réduction restent valables. La différence, c’est l’urgence et le budget que vous déciderez d’y consacrer.
Les filtres à eau vraiment efficaces contre les PFAS
Passons au concret : si vous deviez choisir une action pour réduire les PFAS dans l’eau que vous buvez et utilisez pour cuisiner, ce serait l’installation d’un filtre adapté.
Mais tous les filtres ne se valent pas. Boire de l’eau bouillie, par exemple, ne réduit pas les PFAS (ce ne sont pas des bactéries). Ce qu’il faut regarder, ce sont :
- La technologie de filtration
- Les certifications indépendantes
- La facilité d’entretien
Les principales technologies utiles à la maison
En pratique, trois grandes familles peuvent aider à réduire les PFAS :
- Charbon actif (granulaire ou bloc) Efficace pour : de nombreux PFAS, surtout les composés à chaîne plus longue, ainsi que pour les goûts/odeurs, certains pesticides, solvants. Formats : carafes filtrantes, filtres « sous évier », filtres sur robinet. Avantages :
- Solution abordable pour commencer
- Installation simple (surtout carafes et robinets)
- Améliore aussi le goût de l’eau
Limites :
- Efficacité variable selon la qualité du filtre et le débit
- Demande un changement de cartouche régulier (sinon perte d’efficacité, voire relargage de polluants accumulés)
- Osmose inverse (reverse osmosis, RO) Efficace pour : un large spectre de PFAS, ainsi que de nombreux autres contaminants (nitrates, métaux lourds, certains microplastiques). Formats : systèmes sous évier avec réservoir, parfois combinés à du charbon actif. Avantages :
- Réduction très importante des PFAS lorsqu’il est bien conçu
- Couvre beaucoup d’autres contaminants potentiels
Limites :
- Couteux à l’achat et en entretien
- Génère une eau de rejet (pas idéale si vous êtes en zone de sécheresse)
- Installation un peu plus technique
- Retire aussi certains minéraux : l’eau reste potable, mais le goût change ; certains choisissent de la reminéraliser
- Filtres combinés (charbon + membrane de type nanofiltration, etc.) Efficace pour : PFAS + un panel large de polluants, selon le modèle. Avantages :
- Bon compromis entre efficacité et débit
- Moins de rejet d’eau que certains systèmes RO
Limites :
- Moins standardisé que le charbon simple ou l’osmose inverse
- Demande de bien lire les spécifications et les certifications
Comment choisir un filtre sans se perdre dans le marketing ?
Sur les emballages, vous verrez souvent des phrases du type « réduit jusqu’à 99 % des contaminants ». Ce qui compte vraiment :
- Cherchez les certifications indépendantes Pour les PFAS, surveillez particulièrement :
- NSF/ANSI 53 (pour la réduction de certains contaminants de santé, dont certains PFAS)
- NSF/ANSI 58 (pour l’osmose inverse)
- NSF/ANSI 401 (pour certains micropolluants émergents)
Ces normes sont nord-américaines, mais de nombreux fabricants européens s’y réfèrent.
- Lisez la liste précise de contaminants Vérifiez que le fabricant mentionne clairement des PFAS (PFOA, PFOS, ou la famille PFAS) parmi les substances testées.
- Adaptez le système à votre usage
- Petite consommation (1–2 personnes, surtout pour boire) : carafe filtrante de qualité ou filtre sur robinet avec charbon actif certifié.
- Famille, beaucoup de cuisine maison (soupes, bouillons, cuisson des pâtes, du riz, etc.) : système sous évier avec robinet dédié, ou osmose inverse si votre budget le permet.
- Vérifiez le coût annuel des cartouches Un filtre bon marché à l’achat peut devenir très coûteux si les cartouches sont chères et à changer tous les mois. Faites un petit calcul sur un an : vous saurez si la solution est tenable à long terme.
Astuce pratique : choisissez un système dont la cartouche est simple à changer, sans outils. Si c’est pénible, vous repousserez les remplacements… et l’efficacité chutera.
Comment utiliser l’eau filtrée de façon intelligente en cuisine
Une fois que vous avez une source d’eau filtrée fiable, vous pouvez cibler les usages les plus “rentables” pour réduire votre exposition aux PFAS :
- À boire directement C’est votre première priorité : toute l’eau bue au verre ou en gourde devrait idéalement venir du filtre.
- Pour les boissons chaudes Thé, café, tisanes… ce sont souvent de grandes quantités d’eau au quotidien, surtout l’hiver. Utiliser l’eau filtrée dans la bouilloire est un réflexe simple et efficace.
- Pour la cuisson des aliments qui absorbent beaucoup d’eau Pensez :
- Riz, pâtes, quinoa et autres céréales
- Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots)
- Soupe maison, bouillons, cuisson longue
Dans ces cas, l’eau ne sert pas seulement à « baigner » l’aliment : elle est en partie absorbée et se retrouve dans l’assiette.
- Pour les préparations crues ou peu cuites Smoothies, jus maison, limonades, glaçons pour les boissons… L’eau filtrée est particulièrement pertinente ici.
Faut-il filtrer toute l’eau de la maison ? Pas nécessairement. Pour la douche, la vaisselle, le nettoyage, les bénéfices en termes de PFAS sont beaucoup plus faibles par rapport à l’investissement. Restez concentré sur l’eau que vous (et vos enfants) buvez et mangez.
Autres gestes cuisine pour réduire les PFAS (sans devenir extrême)
L’eau est une pièce du puzzle. Il y a aussi d’autres sources alimentaires et culinaires qu’on peut ajuster doucement :
- Réévaluer certaines poêles « miracle » Tous les revêtements antiadhésifs ne contiennent pas forcément les mêmes PFAS que ceux qui ont été le plus étudiés, mais par prudence :
- Privilégiez les poêles en acier inox, fonte ou céramique de qualité, surtout pour les cuissons fréquentes et à haute température.
- Si vous gardez une poêle antiadhésive, évitez de surchauffer (fumée), de la rayer, et remplacez-la lorsqu’elle est abîmée.
- Limiter les emballages gras « anti-taches » Certains papiers et boîtes pour aliments gras (fast-food, pâtisseries, popcorn micro-ondes) ont historiquement utilisé des PFAS. Réduire :
- Les aliments très emballés ou prêts à consommer en barquettes « miracles »
- Les cuissons au micro-ondes dans des sachets prévus pour la graisse (comme certains popcorns)
En pratique : cuisiner un peu plus à la maison avec des contenants en verre ou inox aide à la fois l’environnement et l’exposition aux PFAS.
- Préférer les ustensiles simples et durables Moins de traitements « high-tech » sur les ustensiles, c’est souvent moins de PFAS potentielles :
- Plats au four en verre, inox ou céramique
- Boîtes de conservation en verre plutôt que plastique revêtu
Et l’eau en bouteille, alors ?
On pourrait se dire : « Je vais passer à l’eau en bouteille, problème réglé ». Ce n’est pas si simple.
Points à considérer :
- Certaines eaux embouteillées peuvent aussi contenir des PFAS, selon la source et l’absence d’analyses spécifiques.
- Le plastique n’est pas neutre : microplastiques, additifs, stockage à la chaleur… C’est un autre type de problématique.
- Impact environnemental : transport, production des bouteilles, déchets.
- Coût sur le long terme : bien supérieur à un bon filtre entretenu correctement.
En résumé : l’eau en bouteille peut être utile ponctuellement (déplacements, situation locale de contamination avérée en attendant une solution), mais comme stratégie permanente de réduction des PFAS, un bon filtre à domicile est généralement plus cohérent, écologique et économique.
Par où commencer, de façon réaliste et sans stress ?
Si vous avez l’impression que tout est contaminé, respirez. L’idée n’est pas de tout changer du jour au lendemain, mais de poser quelques jalons solides.
Voici un plan d’action réaliste, en trois étapes :
- Étape 1 – S’informer localement et choisir un premier geste
- Consultez le site de votre fournisseur d’eau ou de votre commune pour voir s’il y a des informations sur les PFAS.
- Décidez d’un geste prioritaire : par exemple, une carafe filtrante à charbon actif certifiée, bien entretenue.
- Étape 2 – Sécuriser l’eau que vous buvez et cuisinez le plus
- Rendez-vous avec vous-même dans la cuisine : notez pendant 2–3 jours combien de fois vous utilisez de l’eau pour :
- Boire au verre
- Thé/café
- Cuisson des pâtes, riz, soupes
- Organisez-vous pour que ces usages passent systématiquement par l’eau filtrée (position du filtre, carafe au frigo, bouteille isotherme à portée de main, etc.).
- Rendez-vous avec vous-même dans la cuisine : notez pendant 2–3 jours combien de fois vous utilisez de l’eau pour :
- Étape 3 – Ajuster vos équipements de cuisine à votre rythme
- Quand une poêle antiadhésive est en fin de vie, remplacez-la par de l’inox ou de la fonte plutôt que par un nouveau revêtement miracle.
- Peu à peu, remplacez certains contenants en plastique par du verre ou de l’inox.
- Réduisez les aliments très emballés et les cuissons en sachet « tout prêts ».
L’important, c’est la régularité, pas la perfection. Même une réduction partielle de votre exposition aux PFAS, maintenue sur des années, est plus intéressante que trois semaines d’efforts extrêmes impossibles à tenir.
En résumé : faire de l’eau filtrée un réflexe du quotidien
Les PFAS dans l’eau potable sont un problème réel, mais pas insoluble à l’échelle de la cuisine familiale. Vous ne pouvez pas contrôler la chimie de toute la planète, mais vous pouvez :
- Filtrer l’eau que vous buvez et utilisez pour cuisiner les aliments qui en absorbent le plus
- Choisir un système de filtration adapté, certifié, que vous aurez réellement les moyens d’entretenir
- Réduire progressivement d’autres sources alimentaires et culinaires de PFAS (poêles, emballages, produits « anti-taches »)
Dans une journée ordinaire, ces choix ressemblent à des petits gestes : remplir une carafe filtrante le matin, préparer un grand bocal d’eau filtrée au frigo, cuire le riz avec cette même eau, privilégier votre vieille cocotte en fonte… Mais additionnés, ils finissent par peser davantage que les molécules invisibles qui nous entourent.
Et surtout, ils s’intègrent dans ce qu’on cherche ici : une cuisine du quotidien plus saine, plus simple, et plus cohérente avec le monde qu’on veut laisser derrière nous.
